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3 questions à Safa BEN AYED

Enseignante-chercheuse au sein de l’unité de recherche CESI LINEACT

Membre de l’équipe Apprendre & Innover.

Andréa BOISADAN travaille sur les liens entre innovation, créativité et besoins humains. À travers ses recherches, elle s’intéresse notamment à la manière dont l’innovation peut accompagner les transitions socio-environnementales, en concevant des solutions plus accessibles, inclusives et durables.


Comment ton parcours t’a-t-il amenée à travailler sur les questions d’innovation et de recherche ?

J’ai un parcours assez linéaire, même si au départ je ne savais pas exactement vers quoi me diriger. Après avoir testé différentes voies, je me suis orientée vers la psychologie, puis vers la psychologie ergonomique à l’Université de Lorraine.

C’est en licence 2, en suivant un cours  d’un enseignant-chercheur, que j’ai eu un véritable déclic : je me suis dit que c’était ce métier que je voulais exercer.

J’ai ensuite réalisé une thèse CIFRE en partenariat avec une entreprise spécialisée dans la retranscription tactile d’œuvres d’art pour les personnes déficientes visuelles. Je travaillais notamment sur la conception de plans d’orientation accessibles au plus grand nombre.

Cette expérience m’a progressivement amenée à intégrer les enjeux d’innovation et de créativité à mes travaux, tout en conservant une approche centrée sur les besoins humains. Aujourd’hui encore, cette vision de l’innovation, pensée avant tout pour les usages et les individus, guide mes recherches au sein de CESI LINEACT.

Comment tes travaux de recherche prennent-ils aujourd’hui vie concrètement ?

Aujourd’hui, mes travaux s’inscrivent principalement autour des enjeux socio-environnementaux et de la manière dont l’innovation peut accompagner les transitions à venir.

Concrètement, cela se traduit par différents projets de recherche. Je travaille notamment sur une thèse réalisée dans le cadre du projet Mon trajet vert, qui s’intéresse à la décarbonation de la mobilité étudiante et aux leviers permettant d’accompagner des pratiques de déplacement plus durables.

Un autre projet porte sur l’accessibilité des espaces urbains pour les usagers les plus vulnérables, notamment les personnes déficientes visuelles. L’objectif est de concevoir des environnements plus inclusifs et sécurisants pour l’ensemble des usagers.

L’idée est toujours la même : réfléchir à une innovation pensée pour les usages humains, mais aussi pour les enjeux sociétaux et environnementaux actuels.

Avec notre équipe, nous essayons surtout de questionner la finalité de l’innovation. Aujourd’hui, innover ne peut plus uniquement répondre à des enjeux de performance ou de croissance : il faut aussi réfléchir à l’impact sociétal et environnemental des solutions que l’on développe.



Quel regard portes-tu sur le rôle de la recherche et de l’innovation aujourd’hui ?

Je pense qu’il est essentiel de garder une forme de recul critique face aux innovations et aux technologies émergentes.

Aujourd’hui, certaines thématiques prennent énormément de place, comme l’intelligence artificielle par exemple. Mais il est important de ne pas suivre uniquement les tendances : il faut toujours questionner la finalité des outils que l’on développe ou utilise.

J’aime beaucoup l’idée de “techno-discernement” : se demander pourquoi une technologie est pertinente, à quels besoins elle répond réellement et quel impact elle peut avoir sur la société.

Pour moi, la recherche doit avant tout servir le bien commun. Cela demande de la curiosité intellectuelle, une envie constante d’apprendre, mais aussi une vraie cohérence entre les sujets sur lesquels on travaille et les valeurs que l’on souhaite défendre.

Le mot de la fin d’Andréa :

Je pense qu’il est important de travailler sur des sujets qui ont du sens pour soi et qui contribuent réellement aux enjeux de société. La recherche doit rester au service du bien commun.

Andréa BOISADAN